La géobiologie contemporaine s’inscrit dans une longue histoire des relations entre habitat et environnement. Les éléments ci-dessous sont des repères culturels et historiques — ils reflètent la quête ancienne d’un habitat en harmonie avec son environnement.
Des origines à l’époque classique
Avec la sédentarisation, l’être humain prend conscience que certains lieux le soutiennent mieux que d’autres. L’observation de l’environnement devient peu à peu un art, mêlant intuition, expérience et connaissances empiriques.
Dans l’Antiquité, plusieurs penseurs ont souligné l’importance du lieu pour la santé et l’équilibre de vie.
Hippocrate, père de la médecine naturelle, rappelait déjà ce lien essentiel :
« Celui qui veut se perfectionner dans l’art de guérir considérera comment l’endroit est disposé et s’informera du sous-sol, concurremment avec la constitution des êtres vivants. »
Vitruve, architecte romain, insistait sur le choix du site et l’orientation des bâtiments selon les vents, le soleil et le climat (De architectura).
Traditions d’Asie
En Inde, le Vastu Shastra (Veda, env. −1800) proposait d’harmoniser le site, la construction et l’intérieur avec les éléments : Ciel, Terre, Eau, Feu et Vent.
En Chine, le Kanyu, puis le Feng‑Shui (dynastie Zhou, env. −1040, systématisé sous Han puis Jin avec Guo Pu), enseignaient l’art de choisir et d’organiser l’emplacement pour favoriser la prospérité, la sécurité et le bien‑être.
Ces traditions, bien que distinctes de la géobiologie moderne, témoignent de l’ancienneté des préoccupations humaines liées à l’orientation, à l’équilibre et à l’implantation harmonieuse des lieux de vie.
De la Renaissance à la Baubiologie
À la Renaissance, la redécouverte des textes antiques relance l’intérêt pour les rapports entre nature, santé et architecture. Les penseurs humanistes valorisent l’observation du milieu comme source d’harmonie et de beauté.
Au XIXᵉ siècle, les progrès scientifiques transforment cette sensibilité :
- La médecine et l’hygiénisme étudient l’influence de l’air, de la lumière et de l’humidité sur la santé.
- L’urbanisme s’intéresse à la salubrité, à l’aération et à l’ensoleillement.
- Des architectes et médecins jettent les bases d’une compréhension rationnelle du lien entre habitat et santé.
Au XXᵉ siècle, en Europe, naît le mouvement de la Baubiologie (ou biologie de l’habitat), qui prolonge cette approche en y intégrant les effets des champs électromagnétiques, des matériaux, et de la qualité de l’air intérieur. La Baubiologie cherche à créer des bâtiments sains, équilibrés, respectueux du vivant et de la Terre.
Approches contemporaines
Aujourd’hui, la géobiologie contemporaine s’inscrit dans la continuité de ces réflexions. Elle vise l’harmonie entre les aspects physiques et subtils d’un lieu, en conciliant rigueur des mesures, observation, intuition et respect des croyances. Elle rejoint un mouvement plus vaste : celui de la reconnexion à la nature, de l’écologie de l’habitat et de la qualité du vivre‑ensemble.
Source : Votre santé en lieu sûr – Partie 1 : Les bases de la géobiologie moderne, chap. 1 « La géobiologie, chaînon manquant de la santé », p. 26–36.